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Kolia utopiste en herbe

Inscrit le : 02 Mar 2007 Messages : 78 Localisation : Malawi.
| Sujet: Emile Henry. Lun 5 Mar - 23:41 | |
| | Citation: | Emile Henry
Source : Daniel Guérin
Émile Henry (1872-1894), contrairement aux autres anarchistes terroristes, était un intellectuel. Il fit des études brillantes comme boursier à l'école Jean-Baptiste Say où l'un de ses professeurs le dépeignit comme "un enfant parfait, le plus honnête qu'on puisse rencontrer". Il n'eût tenu qu'à lui de revêtir l'uniforme de polytechnicien. Mais il s'y refusa "pour ne pas être militaire et n'être pas contraint de tirer sur des malheureux comme à Fourmies".
Son père, Fortuné Henry, s'était battu dans les rangs des communards. Condamné à mort par contumace, il avait réussi à échapper à la répression qui suivit la défaite en se réfugiant en Espagne où naquirent ses deux fils. Il n'était revenu en France qu'en 1882 après l'armistice. Plus tard il collabora au journal L'En-dehors.
Le 8 novembre 1892, une bombe destinée à faire sauter les bureaux de la compagnie des mines de Carmaux est amenée par le concierge du bâtiment au commissariat de police de la rue des bons enfants. Elle y explose tuant cinq personne; une sixième sera victime d'une crise cardiaque. Émile Henry prit la fuite, poursuivi par un agent de police et un garçon de café, auxquels se joignit un cheminot sur lequel il tira, mais en le manquant. Un peu plus loin, il blessa sérieusement un agent, avant de se faire prendre.
Le 12 février 1894, à 9 heures du soir, un garçon blond pénétra dans le café Terminus, à la gare Saint-Lazare. S'étant assis à un guéridon libre, Henry tira soudain d'une poche de son paletot une petite marmite de fer blanc bourrée d'explosifs et la lança en l'air. Elle se heurta à un lustre, éclata et pulvérisa toutes les glaces ainsi que quelques tables de marbre. Ce fut un sauve-qui-peut général. Il y eut une vingtaine de blessés dont un devait succomber à ses blessures.
Le 27 avril 1894, Emile Henry comparait devant la cour d'assises de la Seine. Il est condamné à mort. En sortant il s'écrie : "Camarades, courage! Vive l'anarchie".
À l'audience de la cour d'assises, il eut de cinglantes répliques : Le président de la cour d'assises. - "Vous avez tendu cette main (...) que nous voyons aujourd'hui couverte de sang." Émile Henry. - "Mes mains sont couvertes de sang, comme votre robe rouge."
Au jury, il lut une déclaration dont voici des extraits :
(...) Je suis anarchiste depuis peu de temps. Ce n'est guère que vers le milieu de l'année 1891 que je me suis lancé dans le mouvement révolutionnaire. Auparavant, j'avais vécu dans les milieux entièrement imbus de la morale actuelle. J'avais été habitué à respecter et même à aimer les principes de Patrie, de Famille, d'Autorité et de Propriété.
Mais les éducateurs de la génération actuelle oublient trop fréquemment une chose, c'est que la vie, avec ses luttes et ses déboires, avec ses injustices et ses iniquités, se charge bien, l'indiscrète, de dessiller les yeux des ignorants et de les ouvrir à la réalité. C'est ce qui m'arriva, comme il arrive à tous. On m'avait dit que cette vie était facile et largement ouverte aux intelligents et aux énergiques, et l'expérience me montra que seuls les cyniques et rampants peuvent se faire bonne place au banquet.
On m'avait dit que les institutions sociales étaient basées sur la justice et l'égalité, et je ne constatais autour de moi que mensonges et fourberies. Chaque jour m'enlevait une illusion. Partout où j'allais, j'étais témoin des mêmes douleurs chez les uns, des mêmes jouissances chez les autres. Je ne tardais pas à comprendre que les grands mots qu'on m'avait appris à vénérer : Honneur, Dévouement, Devoir, n'étaient qu'un masque voilant les plus honteuses turpitudes.
L'usinier qui édifiait une fortune colossale sur le travail de ses ouvriers, qui, eux, manquaient de tout, était un monsieur honnête. Le député, le ministre dont les mains étaient toujours ouvertes aux pots-de-vin, étaient dévoués au bien public. L'officier qui expérimentait le fusil nouveau modèle sur des enfants de sept ans avait bien fait son devoir, et, en plein parlement, le président du Conseil lui adressait ses félicitations. Tout ce que je vis me révolta, et mon esprit s'attacha à la critique de l'organisation sociale. Cette critique a été trop souvent faite pour que je la recommence. Il me suffira de dire que je devins l'ennemi d'une société que je jugeais criminelle.
Un moment attiré par le socialisme, je ne tardais pas à m'éloigner de ce parti. J'avais trop d'amour de la liberté, trop de respect de l'initiative individuelle, trop de répugnance à l'incorporation, pour prendre un numéro dans l'armée matriculée du quatrième État. D'ailleurs, je vis qu'au fond le socialisme ne change rien à l'ordre actuel. Il maintient le principe autoritaire, et ce principe, malgré ce qu'en peuvent dire de prétendus libres penseurs, n'est qu'un vieux reste de la foi en une puissance supérieure.
(...) Dans cette guerre sans pitié que nous avons déclarée à la bourgeoisie, nous ne demandons aucune pitié. Nous donnons la mort et nous devons la subir. C'est pourquoi j'attends votre verdict avec indifférence. Je sais que ma tête ne sera pas la dernière que vous couperez (...) Vous ajouterez d'autres noms à la liste sanglante de nos morts.
Pendus à Chicago, décapités en Allemagne, garrottés à Xérès, fusillés à Barcelone, guillotinés à Montbrison et à Paris, nos morts sont nombreux ; mais vous n'avez pas pu détruire l'Anarchie. Ses racines sont profondes : elle est née au sein d'une société pourrie qui s'affaisse ; elle est une réaction violente contre l'ordre établi ; elle représente les aspirations d'égalité et de liberté qui viennent battre en brèche l'autoritarisme actuel. Elle est partout. C'est ce qui la rend indomptable, et elle finira par vous vaincre et par vous tuer."
Émile Henry fut guillotiné le 21 mai 1894 à l'âge de 21 ans. Assistèrent à son exécution Maurice Barrès et Georges Clemenceau qui, bien que tous deux peu suspects de sympathie pour l'anarchisme, se montrèrent émus du sort du jeune homme. La foule salua le fourgon qui transportait le corps supplicié d'Emile Henry ainsi que le relata le même Barrès dans l'édition du journal Le Matin du 22 mai 1894.
Une section anarchiste située au Québec porte ce nom.
Source : Wikipédia
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|  | | Michel Admin

Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 845
| Sujet: Re: Emile Henry. Jeu 8 Mar - 9:10 | |
| Arriver à un niveau intellectuel permettant de s'exprimer ainsi à l'age de 21 ans traduit en effet un aspect assez exceptionnel.
Cependant je ne suis pas d'accord avec toi Kolia dans le fait de le classer grand homme étant donné qu'il soit déjà responsable à son age, de la mort de plusieures personnes dont au moins une qui à toute les chances d'être innocent, puisque l'attentat de la gare Saint Lazarre était aveugle.
De plus, pour un homme qui à refusé d'être militaire afin de ne pas être contraint de tirer sur des malheureux, je trouve que son parcours de 21 années l'a fait se contredire dans ses propres idéaux.
Pour certains, les terroristes de notre époque sont des saints hommes, tout dépend de qui va écrire les livres d'histoires. Ces saints hommes peuvent devenir des monstres ou des héros selon qui va narrer leurs histoire. Pour ceci nous sommes d'accord. Cependant ces monstres ou ces héros gardent les mains tachées de sang et ont souvent du se montrer cruels face à des humains innocents.
A savoir que les civils sont même encore plus innocents que les militaires, et c'est justement des civils que Emile Henry choisi de faire péter.
Ses paroles sont profondes et pleines d'intérêt, mais l'ensemble de sa vie n'est pas celle, selon moi, d'un grand homme. _________________ Le monde va-t-il bien ? Que faire ?
Ensemble, réagissons ! |
|  | | Kolia utopiste en herbe

Inscrit le : 02 Mar 2007 Messages : 78 Localisation : Malawi.
| Sujet: Re: Emile Henry. Ven 9 Mar - 0:39 | |
| Je peux supprimer l'article si tu le désire mais pour moi un "Grand Homme" n'est pas nécessairement un saint. Je ne partage pas les thèses illégalistes, je trouve que la propagande par le fait a décridibilisé l'anarchisme et a fait que la majorité des gens aujourd'hui considère un anarchiste comme un terroriste (bien que l'anarchisme est l'"idéologie" qui ait tué de loin le moins de personnes).
Cependant, je persiste à trouver que le parcours, la personnalité, les actes et la pensée de ce personnage font de lui un grand homme. |
|  | | Michel Admin

Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 845
| Sujet: Re: Emile Henry. Ven 9 Mar - 0:59 | |
| Bah voyons Kolia, je ne te demande pas de supprimé ton post, ce serait gonflé de ma part.
Regarde par exemple le sujet sur Victor HUGO, il est très contredit, et on en discute. Ca nous permet d'apprendre sur certains hommes, des choses qu'on ne savait pas.
Je ne connaissais pas du tout Emile Henry. Et niveau humanisme, je trouve que le meutre d'un innocent, ou en tout cas le meurtre aveugle est anti humanisme.
Serait tu prêt à tuer un innocent pour une cause juste Kolia ?
Et si tu étais amener et obligé de le faire, par une erreure de ta part, en serait tu fier, et pourrais tu de qualifier de grand homme ensuite ? _________________ Le monde va-t-il bien ? Que faire ?
Ensemble, réagissons ! |
|  | | Kolia utopiste en herbe

Inscrit le : 02 Mar 2007 Messages : 78 Localisation : Malawi.
| Sujet: Re: Emile Henry. Ven 9 Mar - 1:13 | |
| | Comme je l'ai dit, je ne partage pas les méthodes d'Emile Henry. Aucune cause ne justifie la mort d'un innocent et je me montre très mesuré quand il faut juger quelqu'un "coupable". Mais je trouve que cet homme a posé de bonnes questions. Il y a mal répondu. Mais l'idée que "le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend", reste d'actualité. cet homme a marqué le mouvement anarchiste et la pensée politique donc en ce sens, oui, je considère que c'est un grand homme. De la même manière qu'on ne peut nier qu'Hitler et Polpot ont été des grands hommes. Je ne donne pas de connotation humaniste à grand. Pour moi cela signifie "marquant". Cela dit, on peut aussi parler d'Alexandre Jacob. |
|  | | Jenn utopiste engagé

  Age : 22 Inscrit le : 22 Aoû 2006 Messages : 158 Localisation : Nantes/Les Sables d'Olonne
| Sujet: Re: Emile Henry. Ven 9 Mar - 13:54 | |
| Je ne connaissais pas Emile Henry. Certes, son discours est très bien écrit et encore d'actualité, et je suis d'accord avec la plupart des principes cités. Cependant, je ne conçois pas qu'on puisse tuer pour défendre ses idées. Je trouve ça regrettable d'en arriver là. En ce qui concerce la notion de "grands hommes", je pense qu'il faut mettre au clair la définition. Car un grand homme pour moi est quelqu'un de profondément bon mais un grand homme peut être comme tu le dis Kolia, juste quelqu'un qui a marqué l'histoire ou son époque. |
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